05/05/2006

Josquin des Prés

Né vers 1440 dans le Vermandois (un des comtés de Picardie), Josquin des Prez fut chantre (ténor) d'abord au dôme de Milan de 1459 à 1472, avant de passer au service de quatre dignitaires italiens : les ducs de Milan Galeazzo Maria Sforza (1474) et Ascanio Sforza, fils et successeur de Galeazzo (Milan et Rome ; 1479-1486) et les papes Innocent VIII et Alexandre VI (1486-1494 ou plus tard). A la cour du premier d'entre eux, il eut pour collègues d'autres compositeurs flamands comme Alexander Agricola ou Loyset Compère). Josquin servit peut-être Louis XII de 1501 à 1503. Cette même année, il fut maître de chapelle à la cour d'Hercule d'Este à Ferrare. A partir de l'année suivante, il résida à Condé-sur-Escaut, ville dans laquelle il mourut le 27 août 1521. Trois musiciens, dont Nicolas Gombert, écrivirent des déplorations sur la mort de Josquin, dans le style de celui-ci.

L'oeuvre de Josquin comporte des messes (dont la Missa Hercules Dux Ferrariae composée en l'honneur de son bienfaiteur en 1503, des motets (Miserere mei Deus), des chansons de toutes sortes. La plus célèbre d'entre elles, éditée en 1508 chez Ottaviano Petrucci, est probablement la Déploration de Jehan Ockeghem, écrite sur le texte de Jehan Molinet, Nymphes des bois, et qui a pour cantus firmus le plain-chant Requiem aeternam. Cette oeuvre est à l'origine d'une douzaine de déplorations dans le même style, avec un texte français ou latin vantant les mérites du musicien disparu et un cantus firmus latin d'origine liturgique. Parmi les compositeurs de déplorations figurent Nicolas Gombert, déjà cité, ou encore Pierre Certon, auteur d'une déploration sur la mort de son maître Claudin de Sermisy (1570). D'autres procédés josquiniens furent repris par les compositeurs des générations suivantes : citons par exemple celui de la Missa Hercules Dux Ferrariae, qui repose sur les notes ré-ut-ré-ut-ré-fa-mi-ré, évoquant les voyelles du nom du prince Hercule Ier. Cyprien de Rore s'inspira de cette technique pour composer une messe à la gloire du duc Hercule II (Missa Vivat felix Hercules, vers 1545).
Plusieurs des motets de Josquin, comme Praeter rerum seriem, et nombre de ses chansons servirent de point de départ à d'autres compositeurs, comme son disciple et contemporain Antoine de
Févin, ou plus tard Roland de Lassus.
Ses oeuvres furent adaptées au luth par divers musiciens, parmi lesquels Valentin
Bakfark, l'Allemand Hans Neusidler et l'Espagnol Miguel Fuenllana, ainsi qu'à la vihuela par deux autres Espagnols, Espagnol Alonso Mudarra (4 fragments de messes) et Luis de Narvaez.
Josquin des Prés est probablement le seul musicien présent dans toutes les listes de compositeurs des XVIè et début XVIIè s., du Livre de la Deablerie d'Eloy d'
Amerval (1508) à la préface des Tons ou discours sur les modes de musique de Pierre Maillart (1610) en passant par la liste du Quart Livre de Rabelais (1552).

10:34 Écrit par vjanos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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