15/03/2006

Camille Saint-Saëns

"Élève de Maledev et de Stamaty, il donna son premier concert de piano à peine âgé de dix ans, et il n’en avait que seize lorsqu’il fit exécuter à la Société Sainte-Cécile sa première symphonie. Il étudia, au Conservatoire, la composition avec Halévy et l’orgue avec Benoît dans la classe de qui il remporta un premier prix en 1851. Organiste de Saint-Merri (1853-1858), puis de la Madeleine, il professa à l’École de musique religieuse.

Exécutant et improvisateur hors ligne, en 1867, il présentait au concours organisé pour l’Exposition universelle une cantate : Les Noces de Prométhée, qui fut couronnée. Il fonda, en 1871, avec Romain Bussine, la «Société nationale de musique». Membre de l’Académie des beaux-arts (1881). Les voyages qu’il entreprit chaque année n’avaient point interrompu son labeur. Il visita l’Espagne, les Canaries, Ceylan, l’Indochine, l’Algérie, l’Égypte d’où il devait rapporter le Ve Concerto pour piano; et c’est à Alger que la mort l’atteignit, au sortir d’une représentation à l’opéra.

Saint-Saëns laisse une œuvre considérable. Il a donné à la scène entre autres : La Princesse jaune (Opéra-Comique; 1872); Le Timbre d’argent (1877); Samson et Dalila, opéra, son chef-d’œuvre, représenté par les soins de Liszt à Weimar en 1877, à Rouen en 1890 et à l’Opéra en 1892; Étienne Marcel, opéra (Lyon, 1879), Henri VIII, opéra (1883); Ascanio, opéra (1890); Déjanire, tragédie lyrique (1898); Les Barbares, tragédie lyrique (1901); Parysatis, drame lyrique (1902); Hélène, poème lyrique (1904); L’Ancêtre, drame lyrique (1906). Il faut y ajouter un opéra-comique, Phryné (1893); un ballet, Javotte (1896); une satire de la musique moderne : Le Château de la Roche-Cardon.

On lui doit d’autre part quatre symphonies, dont la troisième, en ut mineur, avec orgue et piano (1886), est la plus célèbre; quatre poèmes symphoniques : Le Rouet d’Omphale (1871), Phaéton (1873), La Danse macabre (1874), La Jeunesse d’Hercule (1877); des suites d’orchestre, comme la Suite algérienne, Une nuit à Lisbonne, la Jota aragonaise (1880), Ouverture de fête (1909), des concertos pour piano, pour violon, pour violoncelle; des romances pour flûtes et pour cor et orchestre; des fantaisies comme la Rapsodie bretonne, la Rapsodie d’Auvergne, Africa, pour piano et orchestre; une suite humoristique : Le Carnaval des animaux, publié seulement en 1922.

Il a écrit, en outre, de la musique de scène pour Horace (1860), Antigone (1893), Lola (1900), Andromaque (1903), On ne badine pas avec l’amour (1917); des cantates et des oratorios, dont Le Déluge (1875), La Fiancée du Timbalier (1887), La Nuit persane (1891), Hymne à la paix (1919), Ivanhoé; de la musique religieuse : une Messe (1856), l’Oratorio de Noël (1858); de la musique de chambre, entre autres un Septuor avec trompette (1881), un Quintette avec piano (1855), un Quatuor avec piano (1875), deux Quatuors à cordes (1899 et 1918), deux Trios pour violon, violoncelle et piano; des sonates pour instruments divers; des pièces pour piano à deux mains, entre autres des Études, ou à deux pianos comme les Variations sur un thème de Beethoven (1874), le Scherzo (1889), le Caprice arabe (1894), le Caprice héroïque (1898); des pièces d’orgue, principalement : Trois rapsodies sur des cantiques bretons (1866), Trois Fantaisies, six Préludes et Fugues (1894 et 1898), sept Improvisations (1898); de la musique vocale, mélodies comme Le Pas d’armes du roi Jean, La Cloche, etc.

Poète, Saint-Saëns a publié : Rimes familières (1890), Ode à Berlioz (1908); auteur dramatique : La Crampe des écrivains (1892), Le Roi Apepi (1903), Botriocéphale (1908). Il a écrit de nombreux articles de critiques musicales, où il exprime sur l’art et sur les musiciens des jugements ingénieux, mais partiaux.

Esprit encyclopédique, la personnalité de ce musicien se manifeste surtout par un éclectisme universelle et une prodigieuse faculté d’assimilation.

Défenseur opiniâtre de la musique française et admirateur fervent de Rameau, il a représenté de son temps, avec éclat, l’esprit classique."

Source: Larousse du XXe siècle en six volumes. Paris, copyright 1933. Tome sixième, p. 143-144.

08:04 Écrit par vjanos | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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